Douleur

Je suis là, tordue par la douleur. Elle a fait fuir toute énergie de mon corps. Mais pas celle d’écrire. Je crois naïvement que de poser ces mots va me libérer, même juste un peu. Il y a une part de vrai, mais la vérité, c’est qu’à la fin je serais toujours dans le même état physique.

Cela fait maintenant quinze heures que cette douleur m’habite. Neuf cent minutes que mon coeur étouffe, qu’on le martèle et qu’on lui plante des aiguilles. Cinquante quatre mille secondes qu’il bat deux fois plus vite qu’à la normale et qu’il essaie de récupérer son rythme.

Au commencement il n’y a que la douleur physique, celle qui est si forte et intolérable qu’elle veut t’arracher des cris, des larmes. Tu la connais cette douleur, alors tu lui résistes, en espérant qu’elle sera fatiguée avant toi. Sauf qu’aujourd’hui elle gagne, et tu craques. Et elle est loin d’en avoir terminé, ce n’est que la première étape. Une fois ce premier obstacle franchi, elle te vide de l’intérieur, elle mange chaque part d’énergie qu’elle croisera jusqu’à ce que ton esprit n’ai plus qu’un seul mot en tête : dormir. Mais ne compte pas là dessus, elle feras tout pour te garder éveillé en lançant à nouveau deux ou trois couteaux. Épuiser le corps ce n’est qu’une autre étape. Son objectif c’est de te vider de toutes émotions. Elle te diras que dissocier ton esprit en lâchant prise sur ton corps te soulageras. Et elle  a raison. Mais en faisant ça tu lui laisses libre accès au placard aux démons que tu as mis tant de temps à cacher. Et elle se fera un malin plaisir à les sortir un par un et à jouer avec tes peurs les plus enfouies.

Après plus de vingt ans à la côtoyer, où je l’ai parfois laissée m’emporter, je retiens que le mieux est encore de l’accepter, de la laisser cohabiter. De toute façon je n’ai pas vraiment le choix, il n’existe pas encore de remède qui pourrait l’éradiquer, alors je dois la laisser jouer quand ça lui chante. Elle continue d’ailleurs de le faire en ce moment même. J’ai juste appris à l’ignorer un peu.

Elle m’a quand même apportée deux choses dans ma vie : de la patience. Beaucoup de patience. Et cette faculté de ne jamais regretter quoique ce soit.

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4 réflexions sur “Douleur

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