Entrée libre, l’expo temporaire dans l’ancienne prison de Nantes

Cette ancienne maison d’arrêt située à Nantes est vide depuis 2012. Mais dans le cadre du Voyage à Nantes, l’association Pick Up Production lui a redonné vie avant sa démolition en fin d’année. Dix artistes se sont regroupés pendant deux semaines pour y exprimer leur vision du milieu carcéral et psychologique de la prison. Le résultat est étonnant, fabuleux mais qui peut aussi nous mettre mal à l’aise.

A l’extérieur, tout est en noir et blanc. Deux énormes fresques remplissent les murs des deux côtés de la prison. On se sent tout petit, intimidé par ces immenses personnages.

Et quand on rentre, changement d’ambiance totale. L’entrée met mal à l’aise, on a vraiment cette impression que la prison nous a mangé. 

Le contraste avec l’extérieur est flagrant, limite un choc. Les couleurs sont omniprésentes, du sol au plafond. Et les yeux aussi, il y a des yeux partout. On se sent observé, on étouffe au milieu de ces personnages peint jusqu’au plafond.

 

Le hall principal est extrêmement lumineux et c’est aussi l’endroit le plus coloré et pourtant on arrive à se sentir oppressé. Un peu comme si toutes les âmes qui étaient passées par là se réunissaient  une dernière fois.

Puis dans une pièce annexe, on revient au noir et blanc, avec des visages entassés, une musique angoissante et un poème.

Quelques citations au milieu de minuscules pièces.

J’estime avoir eu beaucoup de chances de pouvoir visiter une prison, parce que même remplie de graffitis, on ressent le « poids » de ce lieu et son vécu. Le seul petit bémol est que l’accès est vraiment restreint, on reste dans les axes principaux, on ne voit pas les cellules ou les annexes. On aimerait en découvrir bien plus ! C’est un bel hommage avant sa destruction, une belle façon de lui redonner vie une dernière fois.

« Comme beaucoup de maisons d’arrêt et de correction, celle de Nantes avait un nom d’usage, Lafayette. Située rue Descartes, à proximité du palais de Justice. elle fut ouverte en 1867,  désaffectée en 2012 et les détenus furent transférés dans la nouvelle prison de Carquefou. Un souterrain reliai la prison au palais de justice. Le mur d’enceinte était en losange avec des bâtiments sur chaque côté et des ailes rejoignant un rond point central. A ses débuts et en application de la circulaire Persigny, les détenus furent répartis dans des dortoirs. Avec la loi de 1875, on aménagea des cellules. Des condamnés en réinsertion, qui bénéficiaient d’un placement extérieur, ont participé aux travaux de démantèlement. Lors de la fermeture Ouest France offrit des précisons sur le taux de sur-occupation de la prison : En 1994, 60 détenus refusent de regagner leur cellule après la promenade. Motif de la mutinerie : la surpopulation, invivable. Trois à quatre détenus s’entassent alors dans des cellules de 9 m2. En 2004, il y a 350 détenus pour 291 places. En 2011, les syndicats dénoncent une «cocotte minute». Avec des cellules de sept détenus dans 12 m2. » »

Ce bâtiment sera donc détruit en fin d’année pour laisser place à un îlot de 160 logements, crèche et parking souterrain. Un nouveau petit village en plein coeur du vieux Nantes.

L’exposition est ouverte jusqu’au 27 août 2017, de 10h à 19h, rue Descartes à Nantes.

CoeurdeCanard

Mon coeur aussi est claustrophobe.

Je le sens, il est à l’étroit. Il s’y ai habitué à sa petite cage dorée, il y a surtout survécu, mais parfois il continue à paniquer. Et il hurle pour me le faire comprendre. Ses battements sont saccadés, sa chair vient se loger entre les barreaux. Cette cage est bien trop solide pour qu’il la brise, alors il étouffe. Et moi avec. J’essaie toujours de l’apaiser, je lui chante une berceuse et je lui répète à quel point il est fort. Vous n’imaginez même pas de quoi il est capable, même moi j’ai parfois du mal à y croire. Et lui aussi. Je le vois souvent fatigué, me demandant si il en a marre et si parfois il ne voudrait pas plutôt abandonner. J’ai tort de penser ça, il a fait – et continue de faire – tellement pour moi. Alors j’essaie de lui rendre au maximum, parce que sans lui je ne suis rien.

C’est toujours lui que j’écoute. Même quand il se dispute avec le Monsieur là haut, c’est toujours lui que je choisis. Appelez ça du favoritisme si vous voulez, mais j’ai toujours été déraisonnée, et je ne vois pas ça comme un défaut, parce qu’il ne m’a jamais déçue. Je n’ai jamais rien regretté et il me fais vivre des choses merveilleuses. Ensemble, on repousse nos limites.

Il est cabossé, pleins de fissures, fragile malgré les petits pansements que je lui colle. Évidemment ça ne réparera jamais tout, mais le tartiner de baume, ça fait quand même du bien. Et puis ça lui permet de me partager ses rêves, de vouloir toucher les étoiles et surtout de me parler d’amour. L’amour est notre moteur, sans lui nous serions vide et je parierais le soleil que sans lui, il aurait tout abandonné depuis bien longtemps.

Parce que nous n’avons aucune explication scientifique, ni même d’hypothèse, je me résous à dire que l’amour nous fais tenir debout et qu’il est notre remède. Alors oui c’est utopiste et totalement décalé, mais quand on a rien à vous proposez, ben on s’accroche à ce que l’on a ; l’amour ou une bonne étoile, le résultat est le même. Je suis encore là.

Vingt ans sur le champ de bataille, vingt ans à défier les statistiques, vingt ans de survie. Vingt ans ça me paraît tellement énorme, et pour cause, c’est quasiment toute ma vie.

Parce que oui, mon coeur aussi est claustrophobe.

 

Tout plaquer et aller prendre un bain !

Qui n’a jamais eu envie de tout lâcher et de partir à des milliers de kilomètres ? Même pour quelques heures ? C’est pas toujours évident alors choisissez plutôt d’aller prendre un bain, ça fait aussi du bien ! Et si vous n’avez pas de baignoire, empruntez celle du voisin, quoique c’est un peu creepy quand même. 


Grâce à Priceminister et l’opération La BD fait son festival,  je peux vous présentez ce livre so feel good – d’où mon intro – qui s’intitule Tout plaquer et aller prendre un bain. C’est Mathou du blog Crayon d’humeur qui nous partage ses petits moments de bonheur du quotidien.


« Je n’ai pas du tout la prétention de faire un livre pratique pour vous apprendre à être heureux. Je vous propose un livre poétique, pour faire sourire, pour faire rire, pour se dire « ah oui tiens, c’est vrai, j’avais oublié tout ça, comme c’était chouette. » J’aime glaner des petits moments. Mettre de côté dans un coin de ma tête des petits plaisirs, des petits bonbons, de bonne humeur ou de joie simple qui me permettent d’avancer et de positiver – parfois. Ce livre est une succession de mes petits moments à moi, vécus ou fantasmés, bien réels ou rêvés, aperçus, à peine entrevus, passés trop vite.. Le temps file rt nos souvenirs avec, ce livre est là pour que je me souvienne de ces moments, pour qu’ils m’aident à voir la vie du côté le plus joli possible. J’espère qu’il vous permettra de faire tout pareil. Je vous souhaite mille et un petits moments qui rendront votre vie jolie ! »


Mon avis : Alors déjà j’adore sa patte graphique et toutes ces illustrations colorées. Je l’ai lu dès que je l’ai reçu, il se lit très – voir trop – rapidement ! J’ai souris tout le long, en pensant à mes petits bonheurs à moi également. Un livre à sortir dès qu’un petit nuage gris vient se poser au dessus de votre tête. Il fait du bien à l’esprit et au coeur. Un livre chaleureux qui réchauffe et met du baume au coeur. 

Au début je m’attendais vraiment à un format BD du coup j’ai été surprise de voir une seule illustration par page Mais j’ai vite oublié ce détail au fil des pages, je voulais juste découvrir ses moments de joie. C’est d’ailleurs un livre à feuilleter pour pourquoi pas se donner des idées de petits moments à faire pour se remonter le moral ! 

Et j’ai adoré la dernière partie Les petits mots qui font du bien, remplie de mantras ultra positif à ne pas oublier ! 


Ma note : 16/20 (Parce que j’en voulais encore plus !)

Tout plaquer et aller prendre un bain – Mathou, aux éditions Monsieur Popcorn, 12€.


Et vous quels sont vos petits moments de bonheur du quotidien ? 

CoeurdeCanard 

7 graines de lumière dans le coeur des guerriers : gérer un conflit grâce à un conte

En lisant le titre vous vous êtes peut-être dit « What ?? Mais qu’est ce qu’elle nous raconte encore celle-là ? » Et d’un côté, vous auriez probablement raison, c’est un peu comme si on se prenait la tête et que je vous disais « Attends on va régler ça avec un Disney ». C’est pas tout à fait ça hein, mais plutôt un livre de développement personnel sous forme de conte. Vous commencez à mieux comprendre là ?

Rentrons plutôt dans les détails.

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Résumé

Il était une fois un roi dont le Pays Bleu était en conflit permanent avec le Pays Rouge voisin.

Après de multiples et vaines tentatives pour résoudre le différend qui oppose les deux pays, il confie à son fils Om la mission de rétablir la paix. Sous la conduite d’un vieux sage, celui-ci entreprend un voyage initiatique qui le mène dans sept mondes successifs, à la conquête de sept graines de lumière. Fort de ses nouveaux talents, Om se rend au Pays Rouge et met en pratique l’enseignement reçu.

Comment réussira-t-il à réconcilier les deux royaumes ? C’est ce que nous livre ce conte captivant qui invite chaque lecteur à découvrir les sept graines de lumière.

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Mon avis

J’ai été séduite par la forme du conte. C’est beaucoup plus fluide qu’un livre de développement personnel pur et dur. Il n’y a pas que des explications, il a tout une jolie histoire autour, ce qui rend la lecture bien plus facile, on se laisse vite entraîner dans les aventures d’Om. Je l’ai donc lu très rapidement ET en intégrant toutes les informations nécessaires au processus pour apprendre à gérer un conflit. C’est un format très ludique et je trouve cela parfait pour un débutant qui voudrait découvrir le développement personnel. Et pour les habitués du genre, juste découvrir les choses différemment !

L’univers dans lequel se déroule ce petit conte m’a beaucoup fait penser au Petit Prince dès les premières pages, et étant une fan je n’ai pu qu’apprécier cet univers. Le livre est divisé en sept parties qui correspondent chacune à une étape pour gérer un conflit. Et ces grandes parties sont divisées par des petits chapitres de 2/3 pages pour bien différencier chaque étape. Et à la fin de ce conte, vous retrouverez un récapitulatif de chaque grande étape, juste le minimum à retenir de cette aventure !

Si vous aimez le Petit Prince ou que vous voulez vous lancez dans un livre de développement personnel, je ne peux que vous conseillez de foncer le lire !

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Sept graines de lumière dans le coeur des guerriers – Pierre Pellissier

282 pages, aux éditions Eyrolles, 14€90

Et si vous aviez un livre de développement personnel à me conseiller, lequel ce serait ? 

CoeurdeCanard

3 magazines qui m’inspirent

Après deux articles pas très très joyeux, disons-le, aujourd’hui on va parler de choses qui m’inspirent au quotidien et plus précisément de magazines ! Ils sont beaux, hyper colorés et ultra positifs. J’en ai sélectionné trois qui méritent vraiment que l’on parle plus d’eux selon moi. On va commencer avec le plus connu d’entre eux.

FLOW magazine

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« La curiosité est un merveilleux défaut »

Rien que leur slogan déjà, je suis conquise. Si je devais décrire ce magazine en un seul mot, je choisirais le mot Partage. Il y a tellement de thèmes différents abordés et de sujets qu’on voit peu ailleurs. J’en apprends énormément à chaque numéro et Flow nourrit intensément mon cerveau vorace. Le magazine est divisé en cinq grandes parties : Belles rencontres / Esprit libre / Extra & ordinaire / Petits Plaisirs et Douceurs de vivre. Chacune de ces catégories est séparée par un intercalaire en papier plus épais, illustré par un artiste différent à chaque numéro. je les trouve superbes et j’en ai même encadré un du dernier numéro.

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Flow est toujours accompagné de petits cadeaux papiers, comme des carnets, petits cahiers d’exercices, guirlandes, poster et même un photophore papier dans le dernier ! En tant que grande fan de papeterie, cela me comble. Ce que j’aime dans ce magazine, c’est découvrir des personnes extraordinaires, leurs hobbies, leurs projets et les choses merveilleuses qu’elles ont entreprises. Flow aborde aussi des sujets plus tourné sur le psychologique et la psychanalyse avec des articles très complet. Vous l’aurez compris, on y retrouve donc beaucoup de choses, toutes plus intéressantes les unes que les autres, on y trouve forcément son bonheur et je ne loupe jamais un numéro !

Mollie Makes 

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Mollie Makes est bien plus tourné vers la création et le DIY. Il contient également plusieurs pages inspirations justement, avec de jolies photos et d’idées déco notamment. Lui aussi est accompagné de petits papiers créatifs – je vais finir parles collectionner ! – C’est un magazine récent en France, seulement 6 numéros sont sortis pour le moment, et c’est en parti grâce à lui que j’ai envie de reprendre les loisirs créatifs et le DIY ! Et contrairement aux idées reçus, on peut faire beaucoup de choses avec peu de matériel et à faible coup.

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Respire 

Alors Respire c’est un bébé magazine puisqu’il vient d’arriver parmi la flopée qui existe déjà. Et je vous le dis d’avance, il a déjà sa place parmi les plus grands et je m’y suis abonnée pour 6 mois soit 3 numéro – oui oui dès le premier comme ça, j’ai la confiance

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Ce magazine est tout doux, très diversifié, original et le tout en simplicité. J’ai eu un véritable coup de coeur pour son ensemble et ses pages qui ont ravies mes petits yeux.

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 Et dans celui-ci aussi on découvre des petits cadeaux papiers et un espace créativité. Ce magazine nous apprend à prendre soin de nous, de notre corps et de notre âme pour que les deux fassent bon ménage. On y trouve aussi tout un chapitre sur la pleine conscience ou l’art de vivre le moment présent. Les articles sont ultra complet et on y trouve certaines pages que l’on ne verra pas ailleurs.

Je suis vraiment tombée sous le charme.

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Voilà donc les trois magazines que j’ai plaisir de retrouver dans les rayons de mon supermarché dès qu’un nouveau numéro fait son entrée. Les trois me procurent un bon moment de détente et rebooste ma créativité et mon imagination. Pour moi ce sont des petits trésors sur papier.

Et vous, quel est votre magazine préféré ? 

CoeurdeCanard

Le monde blanc

Dimanche 15 janvier, 16H03, arrivée aux urgences. On me fais patienter une heure, sur une chaise, alors que je ne peux pas rester assise plus de cinq minutes. Je lutte, je suis à deux doigts de m’allonger au milieu de la salle d’attente. Les autres patients me regardent me tortiller tel un insecte victime d’une toile d’araignée. Ils sont tous blessés, ils savent ce qu’ils ont, ils sont plutôt sereins. Pas moi, mon self-control est bancal, il peut basculer du mauvais côté à tout moment. J’ai plongé au milieu des pages d’un bouquin, être dans l’espace ou au milieu du désert m’a fait mettre de côté cette douleur. Mon esprit vagabondait pendant que mon corps lâchait prise.

On finit par me mettre le fameux bracelet, un bracelet de maternité pour adulte malade, c’est ce que je me dis à chaque fois, ça me fait sourire légèrement. Il est enfin temps de m’emmener dans un box, d’enfiler ma tenue de papier et d’attendre. Attendre quelque chose de concret. Pas un énième test ou un faux semblant de réponse, non, je veux savoir. Alors j’attends. Je les vois défiler, ce n’est jamais la même personne, j’enchaine les examens comme je pourrais enchainer les tasses de café habituellement. On me dit que mon accompagnant va enfin pouvoir entrer. Cette idée me soulage, j’ai besoin de voir une tête familière. Ma joie redescends vite quand on me dit que l’on m’emmène pour un autre examen avant même que j’ai pu le voir. Je craque à l’échographie de mes reins, et du reste par la même occasion. C’est la deuxième fois que je me dis que je suis là pour un problème et non pour quelque chose qui pourrait me rendre heureuse. Le médecin qui me suis c’est Germaine, la limace de Monstres et Compagnie. Il est tout aussi mou et blasé. Je rigole intérieurement bien qu’il m’énerve aussi puisqu’il vient pour ne rien me dire au final.

J’entends les autres manger, j’ai faim, j’ai soif, mais je n’ai encore le droit à rien et toujours cette aiguille plantée dans le bras qui engourdi mes doigts. Mes nerfs me titillent depuis la salle d’attente, d’abord la main droite, puis l’ensemble du côté droit de mon corps. Il n’en faut pas plus à mon self-control pour basculer du côté obscur. Et comme je n’ai rien d’autre à faire, mon cerveau se met à me poser des dizaines de questions, beaucoup trop de « Et si? » rôdent dans mon crâne. Le pire dans ce monde blanc ce ne sont pas les examens ni la douleur, mais le fait de se retrouver face à soi-même, face à ses propres démons. Et là, t’as pas le choix de les affronter. Je suis sortie de là au bout de longues minutes en voyant la seule tête que je connaissais, j’ai vite retrouver le sourire. Parfois je fixais le faux plafond en me disant que je faisais ça au boulot, alors j’imaginais ce qui se cachait derrière, comment ça pouvait être fait. C’est débile mais ça me rassurait. Un peu. Germaine est revenue, toujours sans nouvelles mais avec un nouvel examen. M’enfoncer un espèce de coton-tige sur fil, dans le nez, jusqu’au niveau de mes yeux. J’avais les mains prêt à l’étrangler – quand je vous dit que je passe du côté obscur, je rigole pas.

Changement de service.

Puis je suis tombée sur Marraine la bonne fée pour mon dernier examen, pleine de compassion et protectrice. Elle m’a chouchoutée et s’est plainte à ma place. Elle savait que je saturais et qu’il était déjà trop tard. Alors elle m’a parlée comme si on se rencontrait dans un lieu public, elle m’a fait un compliment sur ma robe et la pierre que je portais autour du cou, j’ai souris comme une enfant heureuse. C’est dans ces moments noirs qu’on se rend vraiment compte des petits bonheurs du quotidien. Le temps de quelques secondes, on voit un rayon de soleil.

Les résultats ont finis par tomber, c’est pas terminé, mais je peux sortir. Je prends plaisir à jeter ce papier qui me sers de vêtement pour sentir le coton se poser sur moi. Suivre le panneau de sortie m’enchante. Sentir l’air frais me caresser me rassure. Respirer dehors, une libération, j’ai l’impression de ne pas l’avoir fait depuis des jours. C’est tellement agréable que mon aiguille interne se pose directement sur bien-être. J’ai toujours mal, mais mettre des mots sur ça, ça enlève un poids à la douleur. Ce n’est pas que moral, je le ressens aussi physiquement. Je ne pense plus qu’à manger. On s’arrête au premier fast food où j’engloutis quasiment deux menus. Il me fallait au moins ça. Puis je rentre chez moi, exténuée.

La dernière chose que je fais avant de me coucher, c’est de couper mon bracelet d’identité en me disant : Encore une (re)naissance.

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Paralysies du sommeil, mon expérience.

Depuis un bon moment je me tâte à écrire sur les paralysies du sommeil car ma dernière expérience a été traumatisante.. J’ai dû mettre quelques jours avant de réussir à en parler, à écrire tout ce qui s’est passé pour ne rien oublier et enfin à poser des mots là dessus, sur papier. C’est un sujet peu connu dont les effets pourraient nous faire passer pour des fous. Il y a du réel, souvent des hallucinations, et c’est difficile de démêler le vrai du faux.

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En faisant un sondage sur Twitter je me suis rendue compte que très peu de personnes connaissaient ces troubles du sommeil, alors petite définition simplifiée pour mieux comprendre la suite de cet article :

« La paralysie du sommeil est un trouble du sommeil qui advient à l’endormissement (état hypnagogique) ou au réveil (état hypnopompique). Caractérisée par l’impossibilité de bouger ou de parler, elle est souvent associée à une sensation de présence inquiétante et à des hallucinations. L’état de paralysie dure généralement de quelques secondes à plusieurs minutes. »

Après, soit-disant ça arrive dans certaines circonstances, mais je me passerais de vous les citer car ce n’est absolument pas mon cas, car les miennes ne sont jamais survenues dans les conditions décrites – bien que dans les quelques témoignages que j’ai reçu, c’était le cas pour ces personnes là.

1 personne sur 5 le vit une fois dans sa vie et une seule fois. Et dans ces 20%, même pas 1% en font plusieurs au cours de leur vie, voir régulièrement. Ce qui fait peu de monde au final. Chaque personne réagit différemment, j’ai eu très peu de témoignages similaires.

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Source : Pinterest
Mes expériences 

Première expérience marquante : J’ai tout d’abord pensé à un cauchemar. Et dans ces moments là, je deviens toujours consciente et j’arrive à me réveiller seule. Mais là c’était différent. J’étais paralysée, je sentais une présence derrière et au dessus de moi mais j’étais incapable de me retourner ou de me réveiller. Parce que je l’étais déjà finalement. Je voyais une ombre passer au plafond et la peur commençait à prendre le dessus car je n’étais pas maître de mon corps. Puis je me suis réveillée. Du moins je le croyais, car la même scène s’est répétée. Et tout ça s’est encore déroulé, trois fois de suite. Tout ça a duré plusieurs minutes et une fois sortie de cet état, dès que j’ai pu bouger, je suis tout de suite sortie de ma chambre, totalement désorientée, à me répéter cette question « J’en suis vraiment sortie où je suis encore là dedans ? » Quand on perds le contrôle la peur prend forcément sur le dessus, je n’ai pas dormi de la nuit suite à ça, j’étais sur mon canapé à chercher des explications à tout ça. J’étais surtout en recherche de rationnel, vivre des mises en abyme ça peut rendre fou, car on se demande sans cesse ce qui est réel ou non pour savoir si on est toujours bloqué dans une autre « dimension » ou pas.

Deuxième expérience traumatisante : Pour celle-ci je vous laisse avec les mots que j’ai écris deux/trois jours après, encore sous le choc, et je vous laisse dénouer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

« J’étais là, entourée de personnes formidables. On riait, on avançait, on ne savait pas où, mais on s’en fichait, on était heureux. Puis le monde s’est subitement mis à tourner. J’ai été téléportée dans le lit de l’enfer. Ma plus vieille ennemie est revenue me rendre visite, et elle a pris mon contrôle, elle voulait jouer. J’étais paralysée, je ne pouvais même pas lever le petit doigt. J’étais comme une énorme pierre, incapable du moindre mouvement. Pourtant j’étais bien dans mon lit, c’était réel. Et c’est là que la pleine conscience a totalement fait surface. Cette tendre ennemie m’a laissée être terrifiée avant de commencer à jouer avec moi, il n’y a pas plus sadique. J’ai voulu m’échapper, j’étais soulagée de trouver l’interrupteur qui se situe à coté de mon lit. Le répit a été court, la lumière ne s’est jamais allumée. Il y avait des centaines d’interrupteurs sur MON mur. C’était son premier jeu. J’en essayais des dizaines avant de me rendre compte qu’elle échangeait leurs places à chaque fois que j’appuyais sur l’un d’eux. J’ai tourné la tête vers ma porte entrouverte, elle était là, assise sur mon canapé. J’étais toujours consciente malgré la terreur qui s’emparait de moi. Puis elle s’est levée et s’est avancée très lentement vers moi, comme pur faire durer son plaisir. Elle riait tellement fort que sa silhouette se déformait sous ses éclats de rire. Puis elle m,’a attrapée, mon coeur s’est arrêté. Trou noir.

J’ai fini par me réveiller, toujours dans mon lit. J’ai mis quelques secondes avant de comprendre que je me voyais, de mon plafond. Je me regardais. Est-ce que j’étais morte ? Même un dixième de seconde ? J’ai lutté, je me suis battue contre moi-même et je ne sais même pas comment je me suis réveillée à nouveau, mais dans le noir complet cette fois-ci. Dans un silence morbide. Je n’osais pas bouger, ni même allumer la lumière. J’avais peur qu’elle soit toujours là. J’étais traumatisée d’avoir vécu ça en pleine conscience et pas comme un simple cauchemar.

Puis je me suis levée, j’ai bu un grand verre d’eau et je me suis assise sur mon canapé. J’ai allumé une cigarette. J’étais totalement vide. Mais en vie. »

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source : Pinterest

Mes expériences de paralysies du sommeil ont toujours été sous forme de mises en abyme qui me font perdre le sens de la réalité. Imaginez vous bloqué avec vos plus grandes peurs, à l’intérieur de vous. C’est le chaos. Surtout quand vous vivez seule et qu’il n’y a personne pour vous réveillez, ça peut durer de très longues minutes. La dernière que j’ai faites – que je vous raconte juste au dessus – aura quasiment duré une trentaine de minutes. C’est long, très long.

Au fil du temps et des crises j’y ai trouvé un peu de positif. Parce que même si tout cela est très noir, je me dois de finir mes articles sur une note positif comme je le fais chaque fois. J’ai découvert certains recoins de mon cerveau, j’en ai approfondis d’autres et cela m’a aussi permis de prendre le contrôle de ce cerveau malade et de gérer certaines crises, comme mes migraines ou mes nerfs. J’ai également découvert une nouvelle facette de la pleine conscience, bien plus poussée. Et d’un autre côté je trouve cela fascinant ce dont le cerveau est capable de faire en cas de crise, il est très fort.

 

Vous connaissiez les paralysies du sommeil ? Vous en avez déjà vécue une ?

CoeurdeCanard