Ambidextrie : maladie mentale ?

La définition d’ambidextrie que l’on trouve partout ressemble à ça : « L’ambidextrie est la capacité pour une personne d’être aussi habile avec les deux bras (le terme est aussi utilisé, plus rarement, pour les jambes, par exemple pour le pied d’appel). »

Alors oui, mais non. Commençons par détruire les mythes qui entourent les personnes ambidextre, pour mieux comprendre leur fonctionnement, et ensuite on se feras une vraie définition du terme.

« Un ambidextre peut utiliser ses deux mains en même temps pour faire deux choses différentes. » : C’est faux. Cela nécessite une synchronisation des membres et non l’habilité dont les ambidextres sont dotés, donc non, un ambidextre n’y arrivera pas plus facilement qu’une autre personne.

« Une personne qui apprend à utiliser sa main non dominante devient ambidextre. » Encore faux. Avec de l’expérience, on peut acquérir beaucoup d’aisance avec la partie non dominante de notre corps mais elle ne deviendra jamais dominante. Tout ça vient de votre cerveau qui a un hémisphère dominant (mais on en reparle plus tard).

« Un ambidextre est plus intelligent. » Toujours faux. Ils sont plus habiles (et encore pas forcément), mais ils ont surtout une meilleure capacité d’adaptation puisqu’ils utilisent à part égale les deux hémisphères du cerveau. Mais cela ne joue pas sur son intelligence.

« Un gaucher contrarié (qui s’est toujours servi de sa main droite par obligation, oui oui les gauchers sont marginalisés, soit volontairement est un ambidextre. » Vous l’aurez deviné, c’est encore faux. Les deux hémisphères de notre cerveau communiquent entre eux grâce au corps calleux, et chez les gauchers cette zone est plus grande que chez un droitier, le gaucher a donc plus de dextérité et d’aisance. Mais il n’est pas ambidextre pour autant.

« On peut devenir ambidextre. » FAUX FAUX FAUX, être ambidextre est une maladie. Maintenant que c’est dit, on peut passer aux explications.

source : pinterest

 

Pour commencer, on va avoir besoin de parler de latéralisation gérée par le cerveau. Par exemple, un droitier va utiliser principalement l’hémisphère gauche de son cerveau et inversement pour un gaucher. La latéralisation détermine l’hémisphère dominant, celui qui vous dira si vous êtes gaucher ou droitier, et cela n’empêche pas votre corps d’avoir une aisance avec le pied gauche si vous êtes droitier par exemple. C’est juste que, dans sa majorité, votre corps aura de l’aisance du côté droit mais pas forcément pour toutes les parties du corps.

Une vraie personne ambidextre ne possède pas de latéralisation, elle est ni gauchère, ni droitière. Elle est à la fois les deux mais aucun des deux en même temps. Donc le cortex moteur (qui est à gauche pour un droitier et inversement pour un gaucher) se retrouve dans les deux hémisphères chez un ambidextre, il n’y aucune distinction. Les deux hémisphères peuvent fonctionner en même temps et les fonctions principales ne sont pas forcément « rangées » dans le bon hémisphère. Selon certaines études, une personne ambidextre serait plus susceptible de devenir schizophrène, dépressive ou atteinte d’une autre maladie mentale. Sachant que le fait d’être ambidextre est déjà considéré comme une maladie mentale, puisqu’elle ne permet pas de définir une latéralisation du cerveau.

L’ambidextrie reste une maladie difficilement décelable, très rare car elle ne toucherais même pas 1% de la population. Parmi les célèbres ambidextres nous pouvons retrouver : Michel-Ange, Léonard de Vinci, Kurt Cobain, Noel Gallagher, Keith Moon, James Abram Garfield (vingtième président des États-Unis) ou encore de nombreux sportifs. Et oui, l’ambidextrie est un grand atout pour les sports ou la musique.

Le terme ambidextre est souvent utilisé à tort à travers, souvent pour désigner un gaucher ou un droitier contrarié. Alors j’espère que cet article vous aura éclairci sur le sujet.

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Paralysies du sommeil, mon expérience.

Depuis un bon moment je me tâte à écrire sur les paralysies du sommeil car ma dernière expérience a été traumatisante.. J’ai dû mettre quelques jours avant de réussir à en parler, à écrire tout ce qui s’est passé pour ne rien oublier et enfin à poser des mots là dessus, sur papier. C’est un sujet peu connu dont les effets pourraient nous faire passer pour des fous. Il y a du réel, souvent des hallucinations, et c’est difficile de démêler le vrai du faux.

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En faisant un sondage sur Twitter je me suis rendue compte que très peu de personnes connaissaient ces troubles du sommeil, alors petite définition simplifiée pour mieux comprendre la suite de cet article :

« La paralysie du sommeil est un trouble du sommeil qui advient à l’endormissement (état hypnagogique) ou au réveil (état hypnopompique). Caractérisée par l’impossibilité de bouger ou de parler, elle est souvent associée à une sensation de présence inquiétante et à des hallucinations. L’état de paralysie dure généralement de quelques secondes à plusieurs minutes. »

Après, soit-disant ça arrive dans certaines circonstances, mais je me passerais de vous les citer car ce n’est absolument pas mon cas, car les miennes ne sont jamais survenues dans les conditions décrites – bien que dans les quelques témoignages que j’ai reçu, c’était le cas pour ces personnes là.

1 personne sur 5 le vit une fois dans sa vie et une seule fois. Et dans ces 20%, même pas 1% en font plusieurs au cours de leur vie, voir régulièrement. Ce qui fait peu de monde au final. Chaque personne réagit différemment, j’ai eu très peu de témoignages similaires.

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Source : Pinterest
Mes expériences 

Première expérience marquante : J’ai tout d’abord pensé à un cauchemar. Et dans ces moments là, je deviens toujours consciente et j’arrive à me réveiller seule. Mais là c’était différent. J’étais paralysée, je sentais une présence derrière et au dessus de moi mais j’étais incapable de me retourner ou de me réveiller. Parce que je l’étais déjà finalement. Je voyais une ombre passer au plafond et la peur commençait à prendre le dessus car je n’étais pas maître de mon corps. Puis je me suis réveillée. Du moins je le croyais, car la même scène s’est répétée. Et tout ça s’est encore déroulé, trois fois de suite. Tout ça a duré plusieurs minutes et une fois sortie de cet état, dès que j’ai pu bouger, je suis tout de suite sortie de ma chambre, totalement désorientée, à me répéter cette question « J’en suis vraiment sortie où je suis encore là dedans ? » Quand on perds le contrôle la peur prend forcément sur le dessus, je n’ai pas dormi de la nuit suite à ça, j’étais sur mon canapé à chercher des explications à tout ça. J’étais surtout en recherche de rationnel, vivre des mises en abyme ça peut rendre fou, car on se demande sans cesse ce qui est réel ou non pour savoir si on est toujours bloqué dans une autre « dimension » ou pas.

Deuxième expérience traumatisante : Pour celle-ci je vous laisse avec les mots que j’ai écris deux/trois jours après, encore sous le choc, et je vous laisse dénouer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

« J’étais là, entourée de personnes formidables. On riait, on avançait, on ne savait pas où, mais on s’en fichait, on était heureux. Puis le monde s’est subitement mis à tourner. J’ai été téléportée dans le lit de l’enfer. Ma plus vieille ennemie est revenue me rendre visite, et elle a pris mon contrôle, elle voulait jouer. J’étais paralysée, je ne pouvais même pas lever le petit doigt. J’étais comme une énorme pierre, incapable du moindre mouvement. Pourtant j’étais bien dans mon lit, c’était réel. Et c’est là que la pleine conscience a totalement fait surface. Cette tendre ennemie m’a laissée être terrifiée avant de commencer à jouer avec moi, il n’y a pas plus sadique. J’ai voulu m’échapper, j’étais soulagée de trouver l’interrupteur qui se situe à coté de mon lit. Le répit a été court, la lumière ne s’est jamais allumée. Il y avait des centaines d’interrupteurs sur MON mur. C’était son premier jeu. J’en essayais des dizaines avant de me rendre compte qu’elle échangeait leurs places à chaque fois que j’appuyais sur l’un d’eux. J’ai tourné la tête vers ma porte entrouverte, elle était là, assise sur mon canapé. J’étais toujours consciente malgré la terreur qui s’emparait de moi. Puis elle s’est levée et s’est avancée très lentement vers moi, comme pur faire durer son plaisir. Elle riait tellement fort que sa silhouette se déformait sous ses éclats de rire. Puis elle m,’a attrapée, mon coeur s’est arrêté. Trou noir.

J’ai fini par me réveiller, toujours dans mon lit. J’ai mis quelques secondes avant de comprendre que je me voyais, de mon plafond. Je me regardais. Est-ce que j’étais morte ? Même un dixième de seconde ? J’ai lutté, je me suis battue contre moi-même et je ne sais même pas comment je me suis réveillée à nouveau, mais dans le noir complet cette fois-ci. Dans un silence morbide. Je n’osais pas bouger, ni même allumer la lumière. J’avais peur qu’elle soit toujours là. J’étais traumatisée d’avoir vécu ça en pleine conscience et pas comme un simple cauchemar.

Puis je me suis levée, j’ai bu un grand verre d’eau et je me suis assise sur mon canapé. J’ai allumé une cigarette. J’étais totalement vide. Mais en vie. »

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source : Pinterest

Mes expériences de paralysies du sommeil ont toujours été sous forme de mises en abyme qui me font perdre le sens de la réalité. Imaginez vous bloqué avec vos plus grandes peurs, à l’intérieur de vous. C’est le chaos. Surtout quand vous vivez seule et qu’il n’y a personne pour vous réveillez, ça peut durer de très longues minutes. La dernière que j’ai faites – que je vous raconte juste au dessus – aura quasiment duré une trentaine de minutes. C’est long, très long.

Au fil du temps et des crises j’y ai trouvé un peu de positif. Parce que même si tout cela est très noir, je me dois de finir mes articles sur une note positif comme je le fais chaque fois. J’ai découvert certains recoins de mon cerveau, j’en ai approfondis d’autres et cela m’a aussi permis de prendre le contrôle de ce cerveau malade et de gérer certaines crises, comme mes migraines ou mes nerfs. J’ai également découvert une nouvelle facette de la pleine conscience, bien plus poussée. Et d’un autre côté je trouve cela fascinant ce dont le cerveau est capable de faire en cas de crise, il est très fort.

 

Vous connaissiez les paralysies du sommeil ? Vous en avez déjà vécue une ?

CoeurdeCanard